BLASON-BLRConstruit à mi-pente du versant ouest de la petite vallée de La Choisille, le donjon de Beaumont-la-Ronce paraît avoir été édifié comme une tour d’observation entre Loir et Loire.
Le Sieur Giraud, premier seigneur connu acheva la construction du donjon en 1108. Cette construction en pierres et briques, est remarquable par sa hardiesse et sa masse imposante. Il était entouré de fossés profonds et deux ponts-levis en permettaient seuls l’entrée. Le château proprement dit se composait d’un donjon carré, masse énorme et d’un caractère sévère, flanqué à chaque coin d’une échaugette, couronné de machicoulis et de créneaux. Il y avait quatre étages et était surmonté d’une guérite de pierre, dite chambre du nain, percée de quatre petites fenêtres dirigées chacune vers un des points cardinaux, et destinée au guetteur. Une tour d’escalier octogone, d’une époque postérieure (XVIe siècle), était accolée au donjon et le surmontait de son toit aigu; elle existe encore et a environ 120 pieds de haut.

A la suite du donjon, existait un corps de logis couronné par une courtine à machicoulis qui reliait entre elles plusieurs tours aujourd’hui rasées. Dans le donjon, on voyait une vaste salle basse, la salle des gardes peut-être, avec un cabinet voûté et deux chambres se communiquant. Une troisième chambre puis les cuisines. Sous la grande salle et les cuisines, étaient des souterrains convertis en celliers. Le corps du logis avait deux étages.

Au XVIe siècle, on fit au château de grands changements et des restaurations importantes. On construisit la tour d’escalier, les baies et ouvertures furent remaniées et agrandies. On perça des fenêtres de deux pieds carrés et garnies de barreaux de fer. Dans la cour intérieure, on trouvait d’abord les étables, puis la boulangerie, le fournil,… Il y avait un puits dans cette cour. Le château communiquait avec la basse-cour par un des ponts-levis, plus petit que celui qui donnait accès au donjon. Dans la basse-cour, il y avait une grande étable, un pressoir, une grange, une fuie ou colombier féodal.

En 1786 on modifia beaucoup le vieux manoir. Pour obéir au goût de l’époque, le propriétaire commença à démolir le donjon dont il abattit les machicoulis, les créneaux et un étage. La démolition fut arrêté  pendant la Terreur ce qui sauva le reste de la tour. Le maître maçon local Gripouilleau remania la façade nord dans le style Louis XVIII.

Au XIXe siècle, côté église, fut ajouté une aile de style renaissance à revêtement de briques, et une construction augmentée d’une chapelle, imitation renaissance, remplaça une partie de l’aile nord qui commençait à se fissurer.
Ces deux adjonctions sont l’œuvre des grands architectes tourangeaux Guérin père et fils.